Le 23 juin 2026, une commission mandatée par le gouvernement allemand a remis à Friedrich Merz et Bärbel Bas une trentaine de recommandations sur l'avenir des retraites — dont un report au-delà de 67 ans et une capitalisation obligatoire de 2 % du salaire brut. Mais entre ce qui est déjà la loi allemande et ce qui n'est qu'une proposition, la confusion est facile.
Ce qui est déjà acté dans la loi allemande aujourd'hui
L'âge légal de départ à la retraite en Allemagne est actuellement de 66 ans (2026), avec une montée en charge déjà inscrite dans la loi jusqu'à 67 ans en 2031. Cette trajectoire n'est pas une nouveauté : elle a été votée il y a plusieurs années et n'est pas remise en cause par les travaux de la commission. Selon la Deutsche Rentenversicherung, l'âge moyen réel de départ observé était de 64,7 ans en 2024 — donc encore inférieur à l'âge légal cible.
Ce que propose la commission — mais qui n'est pas encore une loi
La commission, coprésidée par Frank-Jürgen Weise (ex-dirigeant de l'Agence fédérale pour l'emploi) et la juriste Constanze Janda, a transmis ses recommandations au Ministère fédéral du Travail (BMAS). Trois propositions ressortent :
- Un report au-delà de 67 ans, indexé sur l'espérance de vie : un modèle dit « deux pour un » entrerait en vigueur à partir de 2032, une fois la montée à 67 ans achevée. L'âge légal atteindrait progressivement environ 69 ans dans les années 2070 — la commission a explicitement écarté l'idée d'une retraite à 70 ans évoquée dans la presse.
- La suppression de la retraite anticipée à 63 ans pour carrières longues, jugée trop coûteuse pour les caisses de retraite dans un contexte de pénurie de main-d'œuvre qualifiée.
- Une dose de capitalisation obligatoire (de l'ordre de 2 % du salaire brut selon les premières informations de presse), adossée aux marchés financiers et inspirée du modèle suédois — une première dans un système allemand jusqu'ici presque entièrement fondé sur la répartition.
Sources : Deutsche Rentenversicherung, BMAS, CLEISS, presse reprenant la dépêche dpa. Données au 23 juin 2026 ; cet article sera mis à jour si un texte de loi est engagé.
Ce que ça change concrètement pour un Franco-allemand
Pour l'instant, rien ne change dans les règles applicables. La convention bilatérale de sécurité sociale France-Allemagne et les mécanismes de totalisation des trimestres ne sont pas affectés par ce rapport : il s'agit d'une réforme de l'âge légal allemand, pas d'une révision de la coordination franco-allemande.
En revanche, c'est l'occasion de vérifier un point souvent négligé : si vous avez cotisé des deux côtés du Rhin, l'écart entre l'âge de référence français (autour de 64 ans) et l'âge légal allemand (66 ans aujourd'hui, 67 ans en 2031) crée déjà un arbitrage de calendrier — avant même de parler d'une éventuelle évolution vers 69 ans plus tard dans le siècle. C'est exactement le type de comparaison que permet notre simulateur retraite France-Allemagne.
Les questions à se poser maintenant
1. Mon scénario de simulation repose-t-il sur le bon âge allemand ?
Le seul âge légal allemand applicable aujourd'hui pour un calcul fiable est celui inscrit dans la loi (66 ans en 2026, 67 ans en 2031) — pas une projection à 69 ans qui dépend d'un processus législatif non engagé.
2. Ai-je intérêt à liquider en France avant l'Allemagne, ou l'inverse ?
L'écart d'âge légal entre les deux pays peut justifier de liquider sa pension française avant la pension allemande (ou inversement), selon votre situation de trimestres et de décote. C'est exactement le type d'arbitrage à anticiper 10 à 15 ans avant le départ.
3. Faut-il revoir ma simulation si la loi allemande change réellement ?
Oui — mais seulement une fois le texte voté, pas sur la base de recommandations. retreet.ai s'appuie sur les règles en vigueur ; toute évolution légale sera intégrée une fois actée, pas anticipée sur une hypothèse.
Vous avez cotisé en France et en Allemagne ?
retreet.ai vous permet de comparer l'impact d'une liquidation à 64 ans en France face à 66 ou 67 ans en Allemagne — sur la base des règles actuellement en vigueur, sans spéculation sur une réforme non votée.
Comparer mes deux pensions →