« Ma pension canadienne vient encore d'augmenter, mais ma pension française n'a pas bougé, il y a un problème ? » Non, il n'y a pas de problème. La Sécurité de la vieillesse (OAS) et les retraites françaises ne sont pas revalorisées au même rythme, ni selon la même logique.
Ce qui vient de changer
Selon Service Canada, la pension de la Sécurité de la vieillesse augmente de 1,4 % pour le trimestre octobre-décembre 2026. Sur douze mois (octobre 2025 à octobre 2026), la hausse atteint 3,0 %. Le trimestre précédent, juillet-septembre 2026, avait déjà apporté 1,2 %.
Ces hausses n'ont rien d'exceptionnel en soi. Le montant de l'OAS est réexaminé automatiquement quatre fois par an, en janvier, avril, juillet et octobre, en fonction de l'indice des prix à la consommation (IPC). Réexaminé ne veut pas dire augmenté : si l'IPC ne justifie pas de hausse, le montant reste simplement identique pour le trimestre. Et il ne baisse jamais : si les prix reculent, la pension est maintenue, et ce recul est absorbé par les trimestres suivants avant toute nouvelle hausse.
Pour connaître le montant mensuel exact selon votre âge (65-74 ans ou 75 ans et plus), consultez directement la page canada.ca consacrée aux montants de la Sécurité de la vieillesse.
Côté français : deux dates, pas quatre
En France, la retraite de base (CNAV) est revalorisée en principe une fois par an, au 1er janvier. La retraite complémentaire Agirc-Arrco a son propre calendrier : elle est revalorisée au 1er novembre, sur décision de ses partenaires sociaux. Si vous avez été salarié du privé en France, votre retraite française totale peut donc bouger deux fois par an, mais jamais au rythme trimestriel de l'OAS. Aucune de ces revalorisations n'est garantie à l'avance : elles sont décidées chaque année.
Ce n'est pas un système supérieur à l'autre. Il s'agit de deux méthodes d'indexation différentes, appliquées par des régimes indépendants.
Les régimes canadiens n'ont pas tous le même calendrier
Comme détaillé dans notre article sur l'OAS, le CPP et le RRQ, l'OAS est une prestation liée à la résidence au Canada, indépendante des cotisations versées. Le Régime de pensions du Canada (RPC, ou CPP en anglais), ou le Régime de rentes du Québec (RRQ) pour une carrière au Québec, dépend au contraire des cotisations sur salaire. On relève de l'un ou de l'autre, pas des deux.
Leurs calendriers diffèrent aussi :
- OAS et Supplément de revenu garanti (SRG) : montant réexaminé chaque trimestre ;
- RPC et RRQ : revalorisation une fois par an, en janvier.
Si vous suivez vos pensions dans un tableau, c'est ce qui explique que le montant OAS noté en janvier ne soit plus forcément le bon en octobre, alors que votre rente RPC ou RRQ, elle, n'a pas bougé.
Ce que ça implique pour votre dossier mixte
Si votre carrière s'est déroulée en partie en France et en partie au Canada, l'essentiel n'est pas de suivre le montant de l'OAS trimestre par trimestre. Ce qui compte, c'est de savoir à quelles conditions vous y avez droit.
Le point à retenir. L'OAS dépend des années de résidence au Canada après 18 ans. Il faut en principe 10 ans de résidence pour y avoir droit, et 20 ans pour qu'elle continue d'être versée si vous vivez hors du Canada. En deçà de 40 ans de résidence, la pension est partielle : un quarantième par année. L'accord de sécurité sociale entre la France et le Canada permet de tenir compte de vos périodes françaises pour atteindre ces seuils. En revanche, il n'augmente pas le montant : celui-ci reste calculé sur vos seules années de résidence au Canada.
Pour le fonctionnement détaillé côté France, voir notre guide sur la totalisation des trimestres France-Canada.
Fiscalité : à voir avec un conseiller
L'imposition de l'OAS pour un résident de France relève de la convention fiscale franco-canadienne. L'OAS peut aussi être réduite par l'impôt de récupération canadien au-delà d'un certain revenu. Ces points dépendent de votre situation personnelle et méritent d'être vus avec un conseiller fiscal.
Vos droits France + Canada, une fois combinés ?
Seuils de résidence, totalisation, RPC ou RRQ : le diagnostic Retreet vous aide à poser les bonnes questions sur votre dossier franco-canadien.
Faire mon diagnostic gratuit →Erreurs fréquentes à éviter
- Comparer un montant OAS d'un trimestre donné avec un montant CNAV fixé en janvier, comme s'ils suivaient le même calendrier.
- Croire que la convention France-Canada couvre le RRQ. Elle vise la Sécurité de la vieillesse et le RPC. Le régime québécois relève d'une entente distincte, avec ses propres règles.
- Croire que la totalisation augmente le montant de l'OAS. Elle peut vous aider à atteindre les seuils de résidence, mais ne change ni le calcul du montant ni les règles d'indexation propres à chaque régime.
Questions fréquentes
L'OAS peut-elle baisser d'un trimestre à l'autre ?
Non. Le montant est réexaminé chaque trimestre en fonction de l'IPC. S'il n'y a pas lieu d'augmenter, il reste identique. Si les prix baissent, la pension est maintenue, et ce recul est absorbé par les trimestres suivants avant toute nouvelle hausse.
Dois-je refaire mon diagnostic retreet.ai à chaque trimestre ?
Non. Le diagnostic retreet.ai porte sur la structure de vos droits (durées, seuils, conventions applicables), pas sur le montant trimestriel de l'OAS.
Où vérifier le montant actuel de l'OAS ?
Directement sur canada.ca, dans la section consacrée aux montants des paiements de la Sécurité de la vieillesse.
Comprendre pourquoi vos pensions n'évoluent pas au même rythme, et surtout à quelles conditions vous y avez droit, c'est une bonne partie du travail sur un dossier retraite multi-pays. Faites le point sur votre dossier franco-canadien avec le diagnostic retreet.ai.
Sources : Canada.ca — Montants des paiements de la Sécurité de la vieillesse ; Canada.ca — Accords internationaux de sécurité sociale. Article publié le 28 septembre 2026. Cet article a une vocation informative et ne constitue ni un conseil fiscal, ni un conseil en investissement personnalisé.