Vous avez cotisé en France et au Canada. Deux systèmes, une convention bilatérale, des décisions d'âge qui peuvent valoir des centaines d'euros par mois à vie.
Simuler ma retraite franco-canadienne →Vous avez passé une partie de votre carrière en France et une autre au Canada. À l'approche de la retraite, vous faites face à une question en apparence simple — et complexe en pratique : comment le CPP (ou le RRQ), la pension française et la convention bilatérale s'articulent-ils ?
La France calcule votre pension sur vos trimestres et votre salaire annuel moyen français. Le Canada calcule votre CPP sur vos années de cotisation et vos revenus canadiens. Ces deux pensions s'additionnent — mais l'âge auquel vous liquidez chacune peut faire varier votre revenu de plusieurs centaines d'euros par mois, définitivement.
Le piège le plus fréquent : liquider le CPP à 60 ans pour avoir des revenus immédiats, sans simuler le coût réel de cette décote de 36 % — permanente, sur toute la durée de vie.
La convention de sécurité sociale entre la France et le Canada règle trois problèmes distincts :
1. Pas de double cotisation : En détachement, vous cotisez uniquement en France. En expatriation, uniquement au Canada. La convention évite que vous payiez deux fois pour la même période.
2. Totalisation des périodes : Vos années canadiennes et trimestres français sont additionnés pour déterminer si vous avez droit à une pension dans chaque pays — même si vous n'atteignez pas seul les seuils minimaux.
3. Exportabilité des pensions : Vous pouvez percevoir votre retraite française depuis le Canada et votre CPP/RRQ depuis la France, sans restriction de résidence.
Ce que la convention ne fait pas : elle ne fusionne pas vos deux pensions et n'ajoute aucun trimestre canadien à votre base de calcul française. En revanche, elle ne se limite pas à l'éligibilité : la CNAV compare une pension nationale et une pension proratisée sur la carrière totalisée, et verse la plus élevée. Vos années canadiennes peuvent donc relever le taux, et donc le montant.
Sophie, née en 1967, a travaillé 18 ans en France (72 trimestres, SAM 36 000 €) puis 17 ans au Canada (CPP estimé à 850 $/mois à 65 ans). Elle envisage de prendre sa retraite à 65 ans.
| CPP à 60 ans | CPP à 65 ans | |
|---|---|---|
| CPP mensuel | ~544 $ (−36 %) | ~850 $ |
| Pension CNAV à 65 ans | ~720 € | ~720 € |
| Total mensuel estimé | ~1 220 € | ~1 490 € |
Estimations à titre illustratif. Les montants réels dépendent du taux de change EUR/CAD, de l'année exacte de départ et du relevé de carrière individuel.
Une décote de 36 % à 60 ans est définitive. L'âge d'équilibre entre 60 et 65 ans se situe autour de 74 ans — si vous avez une bonne santé, attendre est presque toujours gagnant.
Vos années au Canada ne s'ajoutent ni à votre SAM ni au numérateur de votre proratisation, qui reste vos trimestres français réels. Mais elles entrent dans la durée totalisée qui détermine le taux, et l'accord franco-canadien impose à la CNAV de comparer un calcul national et un calcul proratisé avant de verser le plus élevé. L'effet sur le montant est indirect, pas inexistant.
En plus du CPP, vous pouvez avoir droit à la PSV canadienne (Old Age Security) dès 65 ans si vous avez résidé au Canada au moins 10 ans après vos 18 ans. C'est une pension supplémentaire non liée à vos cotisations.
La convention fiscale franco-canadienne détermine dans quel pays chaque pension est imposée. Un mauvais positionnement fiscal peut effacer une partie du gain selon votre pays de résidence au moment de la liquidation.
Pension nationale ou pension proratisée : la CNAV compare les deux et verse la plus élevée. Cas chiffré et clause de tiers État.
Retenue canadienne 25 %, barème progressif français, quotient fiscal : l'arbitrage chiffré avant de rentrer en France.
Une pension universelle, deux cotisées : trois logiques, montants 2026 et un cas chiffré complet (OAS + CPP/RRQ + CNAV).
Tableau comparatif, deux conventions bilatérales distinctes, impact CNAV : tout ce que change la province où vous avez cotisé.
Décote CPP, taux plein CNAV, break-even : simulation concrète avec 3 profils.
Oui. Vos années canadiennes sont totalisées avec vos trimestres français pour apprécier le taux plein. La base de calcul reste vos seules périodes françaises, mais la CNAV compare une pension nationale et une pension proratisée tenant compte de la carrière totalisée, puis verse la plus élevée. Vos années canadiennes peuvent donc bien augmenter le montant versé, en relevant le taux.
Oui. Le CPP et la pension française sont deux pensions indépendantes qui se cumulent. Vous pouvez percevoir les deux simultanément, depuis la France ou depuis le Canada.
Le CPP peut être liquidé entre 60 et 70 ans. Chaque mois d'anticipation avant 65 ans entraîne une décote de 0,6 % (soit 36 % à 60 ans). Chaque mois de report après 65 ans ajoute 0,7 % (soit 42 % à 70 ans). L'âge d'équilibre se situe généralement autour de 82-83 ans.
Le CPP (Canada Pension Plan) couvre les travailleurs de toutes les provinces sauf le Québec. Le RRQ (Régime de rentes du Québec) est l'équivalent québécois, avec des règles similaires mais autonomes. Si vous avez travaillé dans plusieurs provinces, vous pouvez avoir des droits dans les deux régimes.
Convention franco-canadienne appliquée automatiquement. Comparez vos scénarios CPP à 60, 65 ou 70 ans en quelques minutes.
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