Vous êtes recruté à Taïwan, ou vous y travaillez déjà comme professionnel étranger. Une réforme entrée en vigueur en 2026 améliore sensiblement votre couverture retraite locale. Elle ne crée toutefois aucune passerelle avec la retraite française : en l'absence de convention de sécurité sociale entre la France et Taïwan, les périodes travaillées dans les deux pays restent traitées séparément.
Le point à retenir. Depuis le 1er janvier 2026, les professionnels étrangers relèvent du New Labor Pension System sans condition de résidence permanente. Mais ces cotisations restent un pilier 100 % taïwanais : elles ne comptent pas pour la CNAV, et vos trimestres français ne comptent pas pour Taïwan.
Ce qui a changé le 1er janvier 2026
La réforme de l'Act for the Recruitment and Employment of Foreign Professionals a été adoptée en troisième lecture le 29 août 2025. La majorité de ses dispositions est entrée en vigueur le 1er janvier 2026.
Avant cette date, les professionnels étrangers ne disposant pas de la résidence permanente relevaient généralement de l'ancien système de retraite prévu par le Labor Standards Act. Ce régime était lié à l'ancienneté acquise auprès d'un même employeur et offrait donc une protection limitée aux salariés changeant d'entreprise.
Depuis 2026, les professionnels étrangers employés pour exercer une activité professionnelle entrant dans le champ de la loi sont couverts par le New Labor Pension System, qu'ils possèdent ou non la résidence permanente. Pour les personnes embauchées à partir du 1er janvier 2026, l'affiliation au nouveau régime est automatique dès lors que les conditions légales sont remplies.
Comment fonctionne le New Labor Pension System ?
Le nouveau régime repose sur un compte individuel de retraite ouvert auprès du Bureau of Labor Insurance. L'employeur doit verser chaque mois au moins 6 % de la rémunération retenue selon l'assiette réglementaire taïwanaise sur ce compte individuel. Le salarié peut également effectuer des versements volontaires supplémentaires, dans les limites prévues par la législation locale.
Les sommes versées et les revenus produits par leur gestion restent attachés au salarié. Elles ne dépendent donc plus de son maintien auprès du même employeur. Le compte présente ainsi deux avantages importants :
- il est conservé en cas de changement d'employeur ;
- les droits accumulés restent acquis après un départ de Taïwan.
Attention : quitter Taïwan ne débloque pas forcément le capital
Les sommes sont versées lorsque l'assuré remplit les conditions de liquidation prévues par le Labor Pension Act, notamment la condition d'âge. Le New Labor Pension System permet en principe de demander ses droits à partir de 60 ans. Vérifiez les modalités de sortie avant votre départ, car elles peuvent varier selon l'ancienneté.
Labor Pension et Labor Insurance : deux dispositifs différents
Le système de retraite des salariés taïwanais comprend deux mécanismes qu'il ne faut pas confondre.
Labor Pension
Capitalisation
Régime de retraite par capitalisation. Il repose sur un compte individuel alimenté principalement par les versements de l'employeur.
Labor Insurance
Assurance sociale
Régime d'assurance sociale distinct. Il peut notamment verser une prestation de vieillesse calculée selon le salaire assuré et la durée d'assurance.
Un salarié peut donc acquérir simultanément des droits dans ces deux dispositifs, sous réserve de remplir les conditions propres à chacun. Le solde du compte individuel du Labor Pension et les prestations de vieillesse du Labor Insurance ne suivent pas les mêmes règles de calcul ni les mêmes conditions de liquidation.
Existe-t-il une convention de retraite entre la France et Taïwan ?
Non. La France et Taïwan ne sont pas liés par une convention de sécurité sociale permettant de coordonner leurs régimes de retraite. Les périodes travaillées à Taïwan ne sont pas totalisées avec les périodes françaises — et inversement, les trimestres validés en France ne complètent pas une durée d'assurance insuffisante à Taïwan.
Concrètement, cela signifie que :
- les cotisations versées à Taïwan ne génèrent aucun trimestre auprès de l'Assurance retraite française ;
- les années travaillées à Taïwan ne permettent pas d'atteindre plus rapidement la durée d'assurance requise en France ;
- les droits français et taïwanais doivent être demandés séparément ;
- chaque pays calcule et verse ses prestations selon ses propres règles.
Les droits acquis dans chaque pays ne sont pas perdus. Ils restent simplement séparés.
Exemple : Thomas, ingénieur français à Taipei
Le profil
Thomas, 34 ans, est recruté en février 2026 par une entreprise taïwanaise de semi-conducteurs pour exercer une activité professionnelle couverte par la loi. Il n'a pas encore la résidence permanente.
Même sans résidence permanente, Thomas relève dès son embauche du New Labor Pension System. Son employeur verse chaque mois au moins 6 % de la rémunération retenue selon l'assiette réglementaire sur son compte individuel auprès du Bureau of Labor Insurance.
S'il change d'employeur à Taïwan, il conserve le même compte et les droits déjà accumulés. S'il quitte Taïwan quelques années plus tard, les sommes versées restent également acquises — mais son départ ne lui donne pas automatiquement le droit de retirer immédiatement le capital : il devra attendre de remplir les conditions de liquidation du régime taïwanais.
Cette activité ne lui permettra pas non plus de valider des trimestres supplémentaires en France. En l'absence de convention de sécurité sociale, ses périodes taïwanaises et françaises seront examinées séparément au moment de la retraite.
Qu'en est-il des professionnels déjà présents avant 2026 ?
Des dispositions transitoires ont été prévues pour les professionnels étrangers déjà employés avant le 1er janvier 2026 et restés auprès du même employeur.
Ces salariés pouvaient choisir de demeurer sous l'ancien régime en adressant une déclaration écrite à leur employeur au plus tard le 30 juin 2026. Cette décision était irrévocable. En l'absence de choix effectué dans le délai prévu, ils ont basculé dans le New Labor Pension System à compter du 1er janvier 2026.
Cette option ne concerne pas les professionnels recrutés à partir du 1er janvier 2026, qui relèvent directement du nouveau régime lorsqu'ils entrent dans son champ d'application.
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- Croire que ces cotisations comptent pour la retraite française. Le New Labor Pension System crée des droits à Taïwan, pas en France. Il n'existe aucune totalisation des périodes entre les deux pays.
- Penser que le capital peut être retiré dès le départ de Taïwan. Le compte reste acquis au salarié après son départ, mais son versement est soumis aux conditions de liquidation taïwanaises. Quitter le pays ne suffit pas à débloquer immédiatement les sommes.
- Confondre Labor Pension et Labor Insurance. Le premier est un compte individuel de retraite par capitalisation. Le second est un régime d'assurance sociale susceptible de verser une prestation de vieillesse. Les cotisations, les calculs et les conditions de versement sont différents.
Questions fréquentes
Puis-je bénéficier du New Labor Pension System dès mon arrivée à Taïwan ?
Oui, depuis le 1er janvier 2026, si vous êtes salarié et exercez une activité professionnelle entrant dans le champ de la loi. La résidence permanente n'est plus une condition préalable.
Combien mon employeur doit-il verser ?
Au minimum 6 % de la rémunération mensuelle retenue selon l'assiette réglementaire taïwanaise, sur votre compte individuel de retraite.
Puis-je récupérer le capital lorsque je quitte Taïwan ?
Pas nécessairement. Vous conservez les droits accumulés, mais le départ de Taïwan ne permet pas, à lui seul, une liquidation immédiate. Le versement intervient lorsque les conditions légales sont remplies, notamment à partir de 60 ans pour le New Labor Pension System.
Ces années compteront-elles pour ma retraite française ?
Non. Faute de convention de sécurité sociale entre la France et Taïwan, ces périodes ne sont pas prises en compte par l'Assurance retraite française pour valider des trimestres ou calculer votre pension.
Vais-je perdre mes droits si je rentre en France ?
Non. Les droits acquis à Taïwan restent enregistrés dans les régimes taïwanais concernés. Vous devrez toutefois les demander séparément, selon les procédures et conditions locales.
Sources : Bureau of Labor Insurance (annonce de l'assujettissement des professionnels étrangers au Labor Pension Act au 1er janvier 2026) ; National Development Council de Taïwan ; CLEISS — conventions bilatérales de sécurité sociale (absence de convention France-Taïwan). Article publié le 14 septembre 2026. Les modalités et la fiscalité exactes de sortie du capital, ainsi que le périmètre précis des statuts concernés, sont à vérifier au cas par cas auprès des organismes compétents. Cet article a une vocation informative et ne remplace pas une vérification personnalisée.