Vous avez consulté info-retraite.fr. Votre relevé est incomplet — les années à l'étranger n'y sont pas. Vous êtes allé sur ssa.gov, ou Service Canada, ou gov.uk. Vous avez trois chiffres, dans trois devises, selon trois logiques différentes. Et vous n'avez toujours aucune idée de ce que vous allez toucher au total, ni à quel âge il faut déclencher quoi.
Info-retraite : l'outil de référence pour votre carrière française
Le portail info-retraite.fr, piloté par le GIP Union Retraite, centralise vos droits acquis dans l'ensemble des régimes de base et complémentaires français. Le service « Consulter ma carrière » donne une vision consolidée de vos trimestres validés, et le simulateur « Mon estimation retraite » projette un montant et un âge de départ. Pour une carrière effectuée intégralement en France, c'est l'outil de référence et il n'y a aucune raison de s'en passer.
La limite apparaît dès qu'une partie de la carrière a été effectuée à l'étranger. Et c'est exactement là que la question commence vraiment.
Pourquoi vos années à l'étranger n'apparaissent pas — ou apparaissent tard
Selon l'Assurance retraite elle-même, les relevés de carrière actuels ne contiennent pas d'information sur les périodes effectuées à l'étranger — ce qui ne signifie pas qu'elles seront ignorées dans le calcul final, mais qu'elles ne sont tout simplement pas affichées en amont. Concrètement, les trimestres validés hors de France n'apparaissent sur votre relevé qu'à l'occasion de la régularisation de votre carrière, le plus souvent quelques mois avant la liquidation.
Source : lassuranceretraite.fr
Il existe une solution partielle : le service « Corriger mon relevé de carrière », qui permet de déclarer vos périodes d'activité à l'étranger sans justificatif. Mais cette déclaration reste informative — elle ne déclenche pas un calcul de vos droits dans le pays concerné, et ne vous dit rien sur le montant ou les conditions d'éligibilité de la pension étrangère elle-même.
Le réflexe naturel : aller voir le site retraite de chaque pays
C'est exactement la bonne intuition — et c'est aussi là que ça se complique. Chaque pays partenaire dispose de son propre portail officiel, avec sa propre logique de calcul, sa propre devise, et son propre âge de référence :
- États-Unis : ssa.gov/myaccount — relevé en « credits », montant projeté en dollars selon l'âge de réclamation (62, 67 ou 70 ans).
- Canada : Service Canada pour le CPP (hors Québec) ou Retraite Québec pour le RRQ — montant en dollars canadiens, calculé au prorata de 47 années de cotisation maximales.
- Royaume-Uni : gov.uk/check-national-insurance-record — années NI validées, montant en livres, seuil de 35 années pour la pension complète.
- Allemagne : deutsche-rentenversicherung.de — relevé en points de retraite (Entgeltpunkte), convertis en euros via la valeur du point (Rentenwert), réévaluée chaque année.
- Japon : nenkin.go.jp — années de cotisation Kokumin et Kosei Nenkin combinées, montant en yens, seuil de 10 ans pour ouvrir un droit.
- Suisse : ahv-iv.ch — années de cotisation AVS, montant en francs suisses.
Chacun de ces portails répond honnêtement à une seule question : « où en suis-je dans ce pays, selon ses propres règles ? » Aucun ne répond à la question qui compte réellement pour vous : une fois la totalisation France-USA, France-Canada ou France-Japon appliquée, combien obtenez-vous au total, en euros, et à quel âge faut-il déclencher chaque pension pour optimiser l'ensemble ?
C'est là que se produisent les erreurs coûteuses
Sans vue combinée, c'est la personne elle-même qui doit faire la conversion de devise, l'addition des trimestres ou crédits totalisés, et l'arbitrage entre des âges de référence qui ne sont presque jamais alignés entre la France et le pays partenaire. C'est exactement le terrain sur lequel les erreurs se produisent le plus souvent — et certaines sont irréversibles.
- Racheter des trimestres français alors que la totalisation avec l'étranger suffisait déjà à atteindre le taux plein.
- Liquider au même âge dans les deux pays, sans avoir comparé l'impact d'un décalage de quelques années entre la France et le pays partenaire.
- Prendre une décision irréversible sans en connaître l'impact — le cas japonais en est l'exemple le plus brutal (voir ci-dessous).
Si vous avez cotisé au Japon et que vous demandez le remboursement de vos cotisations en quittant le pays, vous perdez définitivement tout droit à pension japonaise — y compris les droits qui auraient pu être totalisés avec vos trimestres français. Cette décision est irréversible. Des dizaines de Franco-Japonais la prennent chaque année sans en connaître les conséquences, parce qu'aucun portail officiel ne leur pose la question avant qu'il ne soit trop tard. En savoir plus sur la retraite franco-japonaise →
Aucun des portails officiels listés plus haut n'est en mesure de vous alerter sur ces interactions — chacun ne voit que son propre pays.
Vous avez cotisé dans plusieurs pays ?
Entrez votre répartition de carrière pour voir l'impact réel de la totalisation sur votre âge de départ et votre pension française.
Simuler ma retraite internationale →Ce que ça change pour une décision prise en amont
Un relevé de carrière, même complet, reste une photographie de l'existant. Il ne simule pas de scénarios. Or les décisions qui ont le plus d'impact sur une carrière internationale se prennent précisément quand il reste du temps pour les corriger :
- Combien de trimestres français vous manque-t-il réellement une fois vos années américaines, canadiennes ou japonaises prises en compte par la totalisation ?
- Quel est l'écart entre liquider à 63 ou 65 ans en France si votre pension étrangère, elle, ne sera accessible qu'à 67 ans ?
- Une cotisation volontaire à la CFE pendant vos années à l'étranger serait-elle rentabilisée avant votre départ en retraite ?
- Si vous envisagez un retour anticipé en France, quel est l'impact sur votre décote — et combien de temps avant la liquidation faut-il se poser la question ?
Ce sont des questions de simulation comparative, pas de relevé de carrière. Et c'est précisément le terrain sur lequel les outils institutionnels, conçus pour vérifier des droits acquis, ne sont pas positionnés.
Les 4 points à vérifier avant de vous fier à vos relevés séparés
Si vous êtes à plus de 10 ans de la retraite, la réponse est probablement non — et ce n'est pas une anomalie, c'est le fonctionnement normal du système. Cela ne doit pas vous empêcher d'estimer dès maintenant l'effet de la totalisation sur votre dossier.
C'est l'étape que la plupart des expatriés font déjà — mais chaque portail donne un chiffre isolé, dans sa propre devise et sa propre logique. Le relevé américain ne sait rien de votre situation française, et inversement.
La réponse change tout. Avec une convention (USA, Canada, Japon, Royaume-Uni, Allemagne, Suisse…), vos années étrangères comptent pour ouvrir vos droits français et peuvent modifier significativement votre âge de départ. Sans convention, les deux carrières restent strictement séparées — et aucune totalisation ne viendra compenser un manque de trimestres dans l'un ou l'autre système. La liste des pays conventions est disponible sur cleiss.fr.
Les âges de référence ne sont presque jamais alignés entre la France et les autres systèmes. Un écart de quelques années peut représenter un montant significatif, dans un sens comme dans l'autre — et c'est justement le type de comparaison qu'aucun portail officiel, français ou étranger, n'est conçu pour produire seul.
Info-retraite, les portails étrangers et retreet.ai : trois étapes, pas deux outils concurrents
Info-retraite reste la source de vérité pour vérifier et corriger vos droits français. Le portail officiel de chaque pays partenaire reste la source de vérité pour vos droits dans ce pays. Aucun des deux n'a vocation à changer — et il n'y a aucune raison de les contourner.
Ce qui manque, c'est l'étape d'après : celle qui prend ces relevés isolés, applique la totalisation prévue par la convention bilatérale, convertit les devises, et compare les scénarios d'âge de liquidation entre la France et le pays partenaire. C'est la fonction que retreet.ai remplit, 10 à 15 ans avant la liquidation — pas pour remplacer une demande de retraite, mais pour éclairer les décisions qui se prennent en amont : âge de départ, rachat de trimestres, cotisation CFE, retour en France anticipé.
Vous avez des relevés dans deux pays — mais pas encore la réponse
Combien au total, et à quel âge déclencher chaque pension ? C'est ce que retreet.ai calcule, 10 à 15 ans avant la liquidation — quand il reste encore du temps pour corriger le tir.
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