Vous travaillez à Oman ou envisagez de vous y installer ? Avant votre départ, une question mérite votre attention : vos années de travail sur place compteront-elles pour votre retraite française ? Pour un salarié sous contrat local, la réponse est généralement non : Oman et la France ne sont pas liés par une convention bilatérale de sécurité sociale. Cela ne veut pas dire que votre travail à Oman ne vous donne droit à rien : vous pouvez bénéficier d'une indemnité de fin de service, et un dispositif d'épargne destiné aux travailleurs non omanais est prévu.
Vos années à Oman comptent-elles pour la retraite française ?
Oman ne figure pas dans la liste du CLEISS des pays ayant conclu avec la France une convention bilatérale de sécurité sociale, en vigueur ou signée mais non encore en vigueur. Il n'existe donc pas de mécanisme de totalisation France–Oman comparable à ceux prévus avec d'autres pays.
Concrètement, si vous êtes salarié sous contrat local à Oman, que vous ne relevez plus du régime français et que vous ne cotisez pas volontairement :
- votre activité à Oman ne valide pas, à elle seule, des trimestres pour votre retraite française ;
- vos années omanaises ne sont pas automatiquement ajoutées à vos périodes françaises pour déterminer si vous remplissez les conditions du taux plein ;
- vous conservez les droits français acquis avant votre départ.
En revanche, si votre employeur vous envoie à Oman avec un statut de détaché et que vous restez affilié au régime français, vous pouvez continuer à cotiser en France pendant votre mission. Vérifiez votre situation auprès de votre employeur avant de partir : le lieu où vous travaillez ne suffit pas à déterminer votre couverture retraite.
Oman verse-t-il une pension de retraite aux expatriés ?
Le régime omanais distingue la protection vieillesse des travailleurs omanais et le dispositif prévu pour les travailleurs non omanais. Pour ces derniers, le Fonds omanais de protection sociale décrit un système d'épargne individuel destiné à couvrir les droits de fin de service, alimenté par des contributions de l'employeur. Il le distingue de l'assurance vieillesse, invalidité et décès applicable aux travailleurs omanais.
Pour un salarié français sous contrat local, il faut donc distinguer trois choses :
- l'indemnité de fin de service, actuellement prévue par la loi sur le travail ;
- le futur système d'épargne, qui doit prendre le relais selon les modalités de la réforme ;
- la retraite française, qui dépend des périodes et des cotisations prises en compte par les régimes français.
L'indemnité et le futur compte d'épargne sont des droits en capital. Ils ne correspondent pas à une pension mensuelle viagère comparable à celle d'un régime de retraite français.
L'indemnité de fin de service : comment fonctionne-t-elle ?
Pour les travailleurs qui ne bénéficient pas des dispositions de la loi de protection sociale, l'article 61 de la loi omanaise sur le travail (décret sultanien n° 53/2023) prévoit une indemnité versée par l'employeur à la fin de la relation de travail. Son montant est d'au moins un mois de salaire de base par année de service, calculé sur le dernier salaire de base, les fractions d'année étant prises en compte au prorata. Le contrat peut prévoir des dispositions plus favorables.
Deux points méritent votre attention :
- Le salaire de base n'est pas nécessairement votre rémunération totale. Vérifiez la distinction entre salaire de base, primes et indemnités dans votre contrat.
- La fin de la relation de travail ne signifie pas forcément le départ d'Oman. Vous pouvez quitter un employeur et rester dans le pays.
Si vous avez commencé à travailler avant l'entrée en vigueur de la nouvelle loi sur le travail, le calcul peut nécessiter une analyse des règles transitoires. Selon des précisions rapportées après une clarification du ministère omanais du Travail, les périodes relevant de l'ancienne et de la nouvelle réglementation sont distinguées. Demandez une simulation à votre employeur ou à un professionnel du droit du travail omanais avant de retenir un montant.
Un compte d'épargne pour les salariés non omanais est prévu
La réforme omanaise de la protection sociale prévoit un système d'épargne pour les travailleurs non omanais. Il doit être alimenté notamment par une contribution de l'employeur égale à 9 % du salaire de base mensuel du salarié, à la charge de l'employeur. Il doit remplacer le mécanisme d'indemnité de fin de service pour les périodes concernées après son entrée en vigueur. Les droits accumulés avant cette transition devront être examinés séparément selon les règles applicables.
Le décret sultanien n° 60/2025 a modifié le calendrier initial de la réforme. Un rapport conjoint du Fonds et de l'Organisation internationale du travail situe l'entrée en vigueur du système d'épargne d'ici juillet 2027. La date doit être fixée par le conseil d'administration du Fonds : il serait prématuré de présenter le 19 juillet 2027 comme une date de lancement déjà arrêtée.
Si vous travaillez actuellement à Oman, suivez les communications du Fonds et demandez à votre employeur comment seront traités vos droits acquis avant le lancement du nouveau dispositif.
L'exemple de Julien, ingénieur français à Mascate
Le profil
Julien a 38 ans. Il travaille à Mascate depuis six ans pour un employeur local. Avant son départ, il a cotisé plusieurs années en France. Il suppose que ses années à Oman seront ajoutées à sa carrière française au moment de sa retraite.
Ce n'est pas automatique. Sous contrat local, non maintenu au régime français et sans cotisation volontaire, ses années à Oman ne lui permettent pas, à elles seules, de valider des trimestres français. En parallèle, il peut avoir droit à une indemnité de fin de service auprès de son employeur omanais. Comme son embauche remonte à avant l'entrée en vigueur de la loi actuelle sur le travail, il devra faire vérifier le calcul applicable à ses différentes périodes de service.
Pour faire le point, Julien peut :
- consulter son relevé de carrière français et vérifier les périodes déjà enregistrées ;
- demander à son employeur quels régimes de retraite le couvrent pendant son emploi à Oman ;
- vérifier son salaire de base et demander une estimation de ses droits de fin de service ;
- étudier son éligibilité et le coût d'une assurance retraite volontaire auprès de la CFE ;
- examiner, selon son cas, la possibilité d'un rachat de cotisations pour ses années salariées à Oman ;
- examiner séparément la question de sa retraite complémentaire.
La CFE peut-elle vous permettre de continuer à cotiser en France ?
La Caisse des Français de l'étranger (CFE) propose une assurance retraite volontaire aux personnes éligibles qui travaillent à l'étranger. Les cotisations sont reversées à l'Assurance retraite et alimentent votre compte de retraite français.
L'adhésion est soumise à des conditions. Pour un salarié, il faut remplir l'une des situations suivantes : être né en France, avoir relevé d'un régime français d'assurance maladie pendant au moins cinq ans (même de manière discontinue), ou avoir cotisé au moins six mois en France avant le départ. Ces conditions sont à faire confirmer par la CFE, ainsi que la date possible de prise d'effet et le montant des cotisations. Pour en savoir plus, voyez notre article sur la cotisation volontaire à la CFE.
La CFE ne reconstitue pas la retraite complémentaire
L'assurance retraite CFE concerne la retraite de base. Elle ne reconstitue pas automatiquement des droits à la retraite complémentaire Agirc-Arrco. Si vous étiez salarié en France avant votre départ, examinez séparément votre retraite complémentaire.
La CFE n'est pas nécessairement la bonne solution pour tout le monde. Son coût, votre durée d'expatriation, votre carrière déjà acquise et vos autres ressources à la retraite doivent être étudiés ensemble.
Peut-on racheter des cotisations après une période à Oman ?
Il existe deux dispositifs distincts, à ne pas confondre.
- Le versement pour la retraite, qui concerne notamment certaines années d'études supérieures et certaines années incomplètes.
- Le rachat de cotisations au titre d'une activité salariée à l'étranger, qui peut concerner une personne n'ayant pas cotisé à l'assurance vieillesse française pendant cette activité. L'Assurance retraite le présente expressément sur son site.
Pour ce second dispositif, l'Assurance retraite indique notamment qu'il faut avoir relevé d'un régime obligatoire français d'assurance maladie pendant au moins cinq ans et respecter un délai de demande de dix ans. Les pages de l'Assurance retraite ne sont toutefois pas cohérentes sur le point de départ de ce délai : l'une évoque le dernier jour de la dernière activité à l'étranger, une autre son premier jour. Ce détail est à faire confirmer par la caisse avant toute démarche.
Selon l'option choisie, le rachat peut porter sur le taux seul, ou sur le taux et la durée d'assurance. Il ne reporte aucun salaire au compte, et les années rachetées ne sont pas retenues pour calculer le salaire annuel moyen. Son coût et son intérêt doivent être examinés avant toute décision : voyez notre article sur le coût et le bénéfice du rachat de trimestres.
Pour Julien, il est donc possible qu'un rachat de certaines périodes salariées à Oman soit ouvert, sans que son droit soit acquis ni que l'opération soit avantageuse. Demandez à l'Assurance retraite une étude adaptée à votre situation avant de décider.
Les erreurs à éviter
- Confondre indemnité de fin de service et pension de retraite. L'indemnité est un capital lié à la fin de la relation de travail. Elle ne remplace pas un revenu régulier pendant toute la retraite.
- Supposer que les années omanaises seront totalisées avec les années françaises. En l'absence de convention de sécurité sociale France–Oman, votre activité locale ne crée pas automatiquement de trimestres français.
- Ignorer votre statut. Un salarié détaché maintenu au régime français et un salarié sous contrat local ne sont pas couverts de la même manière.
- Attendre le retour en France pour examiner la CFE et le rachat. Vérifier tôt votre éligibilité et les délais vous permet de comparer vos options pendant que vous travaillez à l'étranger.
- Oublier la retraite complémentaire. Continuer à cotiser pour la retraite de base ne signifie pas continuer à acquérir des points Agirc-Arrco.
Une carrière entre la France et Oman ?
Le diagnostic gratuit vous aide à y voir clair sur votre parcours international et à préparer un rendez-vous avec un professionnel si votre situation le justifie. Retreet ne modélise pas le régime omanais et ne remplace pas un conseil juridique, fiscal ou financier personnalisé.
Faire mon diagnostic →Questions fréquentes
Puis-je perdre les trimestres acquis en France en partant à Oman ?
Non. Les droits déjà acquis auprès des régimes français restent inscrits à votre carrière. En revanche, votre emploi à Oman ne crée pas automatiquement de nouveaux trimestres français : cela dépend de votre affiliation et de vos cotisations.
La France et Oman ont-ils une convention de retraite ?
Oman ne figure pas parmi les pays liés à la France par une convention bilatérale de sécurité sociale recensée par le CLEISS. Il n'existe donc pas de totalisation automatique des périodes France–Oman.
Dois-je attendre de quitter Oman pour recevoir mon indemnité de fin de service ?
L'article 61 de la loi omanaise sur le travail vise la fin de la relation de travail. Cette date peut être différente de celle de votre départ du pays. Les modalités concrètes dépendent de votre situation.
Le compte d'épargne omanais est-il déjà en place ?
Le calendrier présenté par le Fonds omanais de protection sociale et l'OIT prévoit sa mise en œuvre d'ici juillet 2027. La date doit être fixée par le conseil d'administration du Fonds. Vérifiez les annonces officielles et les informations de votre employeur.
Puis-je adhérer à la CFE si je vis déjà depuis plusieurs années à Oman ?
Cela dépend de votre situation et des conditions d'éligibilité. Une installation ancienne ne suffit pas, à elle seule, à répondre à la question. Contactez la CFE pour faire vérifier vos droits et la date possible de début de couverture.
Peut-on racheter des cotisations pour des années salariées à Oman ?
C'est possible sous conditions. L'Assurance retraite prévoit un rachat de cotisations au titre d'une activité salariée à l'étranger, notamment pour une personne qui a relevé d'un régime obligatoire français d'assurance maladie pendant au moins cinq ans, dans un délai de dix ans. Le coût et l'intérêt sont à étudier avant toute décision.
Article fondé sur les règles publiées au 27 octobre 2026. Il présente une information générale et ne constitue pas un conseil juridique, fiscal ou financier ; les règles applicables à votre situation doivent être vérifiées auprès des organismes compétents. Sources : CLEISS, conventions bilatérales de sécurité sociale ; CFE, assurance retraite ; Assurance retraite, rachat de trimestres ; Fonds omanais de protection sociale, travailleurs non omanais ; rapport Fonds omanais et OIT ; décret sultanien n° 60/2025 ; loi omanaise sur le travail, décret n° 53/2023, article 61.