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Japon : fin du seuil de 88 000 yens pour le temps partiel, les 20 heures par semaine deviennent le vrai critère du Kōsei Nenkin

Au 1er octobre 2026, le seuil de salaire de 88 000 yens par mois disparaît pour l'affiliation des temps partiels au Kōsei Nenkin. Ce qui compte désormais : vos heures de travail et votre employeur.

28 septembre 2026 6 min de lecture
Vue d'ensemble : Retraite France-Japon →

Au 1er octobre 2026, le seuil de salaire mensuel de 88 000 yens (¥) est supprimé pour l'affiliation des salariés à temps partiel au Kōsei Nenkin. La mesure figure dans la loi de réforme des retraites adoptée au Japon le 13 juin 2025, et sa date d'effet a été fixée par un décret publié le 11 septembre 2026. Pour les Français qui travaillent à temps partiel au Japon, la question à se poser n'est plus « combien je gagne ? » mais « combien d'heures je travaille, et pour quel employeur ? ».

Fin du seuil de 88 000 yens : ce qui change concrètement

Jusqu'à présent, un salarié à temps partiel ne devenait obligatoirement affilié au Kōsei Nenkin et à l'assurance maladie associée que s'il gagnait au moins 88 000 ¥ par mois. Le Kōsei Nenkin est le régime des salariés (souvent appelé « régime employé ») : il s'ajoute à la pension de base (Kokumin Nenkin) et son montant est proportionnel au salaire. Au 1er octobre 2026, cette condition de salaire disparaît.

Les autres conditions continuent de s'appliquer :

Pourquoi l'effet pratique est plus limité qu'il n'y paraît

Le ministère japonais de la Santé et du Travail le souligne lui-même : depuis avril 2026, le salaire minimum atteint au moins 1 016 ¥ de l'heure dans toutes les préfectures. Une personne qui travaille 20 heures par semaine au salaire minimum gagne donc environ 88 000 ¥ par mois. Elle atteignait déjà, en principe, l'ancien seuil.

Le calcul

20 h × 1 016 ¥ × 52 semaines ÷ 12 mois ≈ 88 050 ¥ par mois, soit à peine plus que l'ancien seuil de 88 000 ¥.

Le point à retenir. La réforme supprime bien une condition juridique, mais elle ne fait pas entrer dans le régime un grand nombre de salariés qui gagneraient réellement moins de 88 000 ¥ par mois. En pratique, la frontière qui compte désormais, ce sont les 20 heures hebdomadaires.

Qui est concerné parmi les Français au Japon

Trois profils fréquents sont concernés : les conjoints d'expatriés qui travaillent à temps partiel, les retraités qui cumulent pension et petite activité, et les jeunes actifs en contrat court. Si vous travaillez autour de 20 heures par semaine chez un employeur couvert, pour un emploi prévu sur plus de deux mois, vérifiez votre situation : c'est désormais ce nombre d'heures, et non votre salaire, qui détermine votre affiliation.

Vous n'êtes pas concerné si vous êtes détaché au Japon par un employeur français : dans le cadre de la convention franco-japonaise, vous restez affilié au régime français pendant la durée du détachement (5 ans maximum), et non au régime japonais.

Le cas particulier des conjoints à charge

Un conjoint à charge d'un salarié affilié au Kōsei Nenkin, avec de faibles revenus, relève en général de la « 3e catégorie » : il est couvert par la pension de base sans verser de cotisation. S'il devient lui-même affilié au Kōsei Nenkin, il quitte ce statut et paie sa propre part salariale de cotisations retraite et maladie. En contrepartie, il acquiert des droits à une pension salariale en plus de la pension de base.

Pour ce profil, c'est surtout le nombre d'heures qui fait basculer : passer de 18 à 22 heures par semaine chez un employeur couvert peut suffire. Le bilan net dépend de votre salaire et de la durée de votre séjour : à vérifier selon votre situation, auprès de votre employeur ou du bureau des pensions japonais.

Ce que ça change pour vos droits

Une affiliation au Kōsei Nenkin signifie des cotisations prélevées sur votre salaire, mais aussi des droits supplémentaires dans ce régime, en plus de la pension de base.

Pour la convention franco-japonaise, ces périodes comptent des deux côtés, mais pas de la même façon :

Pour le fonctionnement détaillé de la convention, voir notre article Kōsei Nenkin et pension française : ce que change la convention franco-japonaise.

Vos droits France + Japon, une fois combinés ?

Affiliation, totalisation, Kōsei Nenkin : le diagnostic Retreet vous aide à poser les bonnes questions sur votre dossier franco-japonais.

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Ne pas confondre avec le cumul emploi-pension

Cette réforme du seuil d'affiliation est distincte du relèvement du seuil de cumul emploi-pension (zaishoku rōrei nenkin) à 650 000 ¥ par mois depuis avril 2026. La première concerne l'entrée dans le régime des salariés pour les travailleurs à temps partiel, quel que soit leur âge. La seconde concerne les retraités déjà pensionnés qui continuent de travailler : elle fixe le niveau de revenu à partir duquel leur pension est réduite. Ce sont deux mécanismes différents.

Erreurs fréquentes à éviter

  1. Croire que la réforme fait cotiser tous les petits salaires. En pratique, une personne à 20 heures par semaine au salaire minimum dépassait déjà l'ancien seuil. Le critère décisif reste la durée de travail.
  2. Ignorer les autres conditions d'affiliation : 20 heures par semaine, emploi de plus de deux mois, entreprise couverte, exclusion de certains étudiants.
  3. Confondre ce sujet avec le cumul emploi-pension, qui concerne les retraités déjà pensionnés.
  4. Penser que la totalisation augmente le montant de la pension française. Elle compte pour la durée d'assurance, donc pour le taux, mais le montant reste calculé sur les périodes cotisées en France.
  5. Oublier que la sortie de la 3e catégorie signifie, pour un conjoint à charge, payer des cotisations jusque-là non dues.

Questions fréquentes

Cette mesure s'applique-t-elle à tous les employeurs au Japon ?

Non, pas encore. Pour l'instant, l'affiliation obligatoire des temps partiels concerne les entreprises de plus de 50 salariés. L'extension aux plus petites entreprises est échelonnée de 2027 à 2035. Vérifiez votre situation auprès de votre employeur ou sur nenkin.go.jp.

Je travaille moins de 20 heures par semaine : suis-je concerné ?

Non. La suppression du seuil de salaire ne change rien pour vous : la condition des 20 heures hebdomadaires continue de s'appliquer.

Je suis étudiant et je travaille à temps partiel : suis-je concerné ?

En principe non : la plupart des étudiants restent exclus de l'affiliation des temps partiels. Certains statuts ne sont toutefois pas visés par cette exclusion (par exemple les cours du soir) : vérifiez auprès de votre employeur.

Vais-je automatiquement cotiser plus dès le 1er octobre 2026 ?

Seulement si vous remplissez toutes les autres conditions et que seul le seuil de salaire vous excluait jusqu'ici. Dans ce cas, des cotisations Kōsei Nenkin et d'assurance maladie seront prélevées sur votre salaire.

Le simulateur retreet.ai prend-il en compte ma retraite japonaise ?

Oui, le Japon fait partie des pays couverts. Le simulateur estime votre pension de base (Kokumin Nenkin) selon vos années au Japon et votre âge de départ. Il intègre votre Kōsei Nenkin à partir du montant indiqué sur votre relevé annuel (Nenkin Teiki Bin). Il ne calcule pas les cotisations japonaises elles-mêmes.

Si votre temps de travail au Japon évolue avec cette réforme, c'est le bon moment pour faire le point sur votre retraite franco-japonaise. Faites votre diagnostic sur retreet.ai.

Sources : décret n° 275 de 2026 (令和8年政令第275号, publié le 11 septembre 2026) fixant la date d'effet ; Ministère japonais de la Santé et du Travail — loi de réforme des retraites (2025) ; Japan Pension Service — affiliation des temps partiels ; Légifrance — accord de sécurité sociale France-Japon (décret n° 2007-1020). Article publié le 28 septembre 2026. Cet article a une vocation informative et ne constitue ni un conseil fiscal, ni un conseil en investissement personnalisé.