Vous avez travaillé en Suisse — frontalier ou expatrié. Deux systèmes, un accord bilatéral, et un 2e pilier à ne pas oublier.
Simuler ma retraite franco-suisse →Environ 220 000 Français travaillent en Suisse, dont une grande majorité de frontaliers (Haute-Savoie, Ain, Doubs, Bas-Rhin). À l'approche de la retraite, une même question revient : comment mes années suisses s'articulent-elles avec ma retraite française, et que faire de mon 2e pilier ?
La réponse nécessite de comprendre trois systèmes distincts — l'AVS, le LPP et la CNAV — et leur articulation via l'accord franco-suisse. Chaque décision (conserver ou retirer le LPP, liquider l'AVS à 63 ou 65 ans, séquencer les deux retraites) peut modifier votre revenu de plusieurs centaines d'euros par mois.
Point clé : l'accord franco-suisse permet la totalisation des périodes pour l'ouverture des droits, mais chaque pays calcule sa propre pension uniquement sur ses périodes réelles. Vos salaires suisses n'entrent pas dans le calcul de votre SAM français.
L'accord bilatéral de sécurité sociale entre la France et la Suisse règle trois situations concrètes :
1. Totalisation des périodes : Vos années suisses et trimestres français sont additionnés pour déterminer si vous avez droit à une pension dans chaque pays — même si vous n'atteignez pas seul les seuils minimaux dans l'un ou l'autre.
2. Pas de double cotisation : En détachement en Suisse, vous restez affilié au régime français et ne cotisez pas à l'AVS. En expatriation, vous cotisez à l'AVS et au LPP sans cotiser simultanément à la CNAV.
3. Exportabilité des pensions : Vous pouvez percevoir votre AVS depuis la France et votre retraite française depuis la Suisse, sans restriction de résidence.
Ce que l'accord ne fait pas : il ne fusionne pas vos deux pensions et ne permet pas à vos salaires suisses d'augmenter votre SAM français. La totalisation joue uniquement sur l'éligibilité, pas sur le calcul du montant de chaque pension.
Sophie a travaillé 15 ans en Suisse en tant que frontalière et 20 ans en France. Elle envisage de partir à la retraite à 65 ans.
| Source | Montant estimé |
|---|---|
| AVS suisse (15/44 du max) | ~835 CHF/mois |
| 2e pilier (LPP) – capital estimé | ~120 000 CHF |
| Retraite CNAV (20 ans de trimestres français) | ~780 €/mois |
| Total mensuel estimé | ~2 200 €/mois bruts |
Estimations à titre illustratif. Les montants réels dépendent du taux de change CHF/EUR, de l'année exacte de départ et du relevé de carrière individuel.
Si vous quittez définitivement la Suisse avant la retraite et retirez votre 2e pilier, la Suisse prélève un impôt à la source sur le capital. Ce prélèvement peut représenter 5 à 10 % du capital selon le canton. Conserver le LPP sur un compte de libre passage jusqu'à la retraite permet souvent d'éviter cette taxe.
La réforme AVS 21 permet une anticipation dès 63 ans, mais avec une réduction permanente de la rente (de 6,8 % à 13,6 % selon la durée d'anticipation). Ce choix est irréversible : si vos besoins de liquidités le permettent, attendre 65 ans (voire reporter jusqu'à 70 ans pour +5,2 %/an) est généralement plus rentable.
Un LPP perçu sous forme de rente depuis la France est imposé en France selon la convention fiscale franco-suisse. Sous forme de capital, le régime fiscal est différent. Un fiscaliste binational France-Suisse est recommandé avant tout retrait de capital supérieur à 50 000 CHF.
Grâce à l'accord franco-suisse, vos années travaillées en Suisse peuvent être totalisées avec vos trimestres français pour atteindre le taux plein. Mais le montant de votre pension française est calculé uniquement sur vos trimestres cotisés en France — les salaires suisses n'entrent pas dans le calcul de votre SAM.
Oui. L'AVS suisse et la retraite française se cumulent. Vous pouvez percevoir les deux depuis n'importe quel pays de résidence grâce à l'accord franco-suisse.
Vous pouvez conserver votre LPP sur un compte de libre passage jusqu'à la retraite, ou le retirer en capital si vous quittez définitivement la Suisse. Le retrait anticipé est taxé à la source en Suisse. Pour un capital significatif, conserver jusqu'à la retraite est souvent plus avantageux.
Le frontalier travaille en Suisse mais réside en France — il cotise à l'AVS et au LPP suisses. L'expatrié réside et travaille en Suisse. Dans les deux cas, l'accord bilatéral permet la totalisation des droits.
L'âge de retraite AVS est 65 ans pour les hommes et les femmes depuis 2024. Une anticipation est possible dès 63 ans avec une réduction permanente. Un report jusqu'à 70 ans augmente la rente de 5,2 % par année.
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